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Collections

Nouvelles acquisitions graphiques

Avril 2016

La ville du Cannet vient a acquis en avril 2016 un ensemble de dessins qui réunit quatre nus datant de 1912 à 1927. Ce sont tous des études très abouties de tableaux bien connus. À cela s’ajoute un Portrait de Renée Montchaty (vers 1922) et une Étude pour la chevelure (1924). Un carnet de croquis de 30 pages vient compléter l’ensemble. Un don de deux dessins, Marthe au chat (1912) et un paysage des années 1915 accompagnent cet enrichissement du fonds graphique du musée Bonnard.

Nu a la baignoirePierre Bonnard, en dehors du spectacle de la nature qui accaparait l’essentiel de sa réflexion, a voué son monde à la féminité. N’a-t-il pas déclaré que « le charme d’une femme peut révéler beaucoup de choses à un artiste sur son art » ? Son œuvre compte parmi les plus beaux nus de l’histoire de l’art et c’est ce sujet qui a fait sa célébrité.

Ces dessins illustrent le passage de l’idée du corps désirable à celui désincarné qui devient un standard de la peinture de Bonnard. Marthe particulièrement a toujours 20 ans. Toutes les femmes qui ont jalonné la vie de Bonnard - Renée, Lucienne et les autres – se retrouveront au cœur de cette mise à nu de la peinture.

Portrait de Renée Montchaty, v. 1922
crayon sur papier, 15 x 11 cm

Renee MontchatyPierre Bonnard rencontre Renée Montchaty en 1916. La jeune femme est blonde avec de grands yeux bleus. Elle devient l’amie du couple Pierre et Marthe tout en devenant la passion amoureuse plus ou moins secrète du peintre. Renée a la fraîcheur de ses 22 ans, le peintre près de 50 ans et en pleine possession de son art. Cette rencontre arrive après une longue période de dépression intellectuelle et sort le peintre de sa mélancolie. Pierre est amoureux et emmène la jeune femme à Rome en 1921. Elle apparaît dans de nombreuses œuvres lumineuses jusqu’à son suicide en 1925, quelques semaines après le mariage de Pierre et Marthe.

Renée est ici représentée légèrement de face, les épaules de profil, une façon pour le peintre de renouveler et dynamiser la posture classique du portrait. Elle pose son regard triste et mélancolique sur son premier spectateur qui est le peintre lui-même. Renée apparaît dans toute sa simplicité, les cheveux lui couvrent le visage donnant à ses yeux une acuité particulière. Bonnard n’a jamais représenté Marthe de cette façon, l’imaginant le plus souvent de profil la tête baissée échappant à tout échange de regard. Dans le cas de notre dessin, Bonnard avoue son intimité avec son modèle.

Étude pour La Corbeille de fruit ou La Chevelure, 1924
crayon sur papier, 16.5 x 11 cm

Le double titre de l’œuvre suggère qu’elle est à la fois une nature morte et un portrait, dont on mesure la force psychologique. Dans ce dessin qui est aussi une étude pour un tableau, Bonnard a pensé à un cadrage plus resserré alors que dans la peinture il laisse entrevoir le profil de la petite servante du couple à Vernon. On reconnaît en effet à l’arrière-plan de la peinture des éléments du buffet de la salle à manger de La Roulotte.

 

Carnet Etudes pour le n° de Verve, 17-18, 1944-1946,
crayon gras sur papier, 13.5 x 9 cm, 30 pages

Carnet1Ce carnet, entièrement composé au crayon gras, comprend une trentaine de pages. Il est assez riche et varié. Il se compose de dessins et de notes de l’artiste auxquels il pensait pour illustrer une revue. Il s’agit en effet du carnet d’étude du numéro de la revue Verve dirigée par Tériade entre 1937 et 1960. Dès avant la fin de la guerre, l’historien sollicite Bonnard pour la conception d’un numéro spécial qui lui sera entièrement dédié. Ce volume, le n° 17-18 de la série, intitulé « Couleur de Bonnard » paraîtra de manière posthume en 1947.

Hormis son agenda de 1946, c’est probablement l’un de ses derniers carnets sinon le dernier. L’intérêt d’un carnet, dans le déroulement des pages, montre le processus créatif de l’artiste. Dans notre cas, on est surpris de constater combien Bonnard s’est attaché à la conception de la couverture, dont il ne dessine pas moins de 7 projets au crayon et crayon de couleur rouge.

L’importance du volume, en dehors des dessins qui l’accompagnent est la place accordée aux observations et réflexions de l’artiste qui faisait souvent l’économie de longs discours. Aussi, ce carnet est exceptionnel pour la quantité d’observations qu’il renferme.

Le reste des feuilles du carnet est consacré à des études de paysages, son jardin et ses alentours, des fenêtres ouvertes. Deux belles études du Nu aux oranges, des portraits d’hommes et de femmes, ainsi que des animaux qui viennent ponctuer l’ouvrage définitif. L’ensemble est d’un grand intérêt pour les collections du musée qui ne conservent encore aucun carnet. Il sera numérisé pour permettre une consultation aisée et ainsi préserver l’original qui accompagnera l’accrochage des collections de manière exceptionnelle.

 

Musée Bonnard

16 boulevard Sadi Carnot
06110 LE CANNET
Côte d'Azur - FRANCE
+33 (0)4.93.94.06.06

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